Visite de Dubrovnik

Ma deuxième "Perle de l'Adriatique" en été 2016, retour sur une expérience de tranquilité au coeur d'une vieille ville qui a failli disparaître à cause de la guerre de Yougoslavie.

Posté par Constance le 30/03/17

Quand ma grand-mère nous a sorti à moi et ma mère son éternel : "Bon, cette année on va où ?", j'ai sauté de joie. Encore une occasion de voir ailleurs, et après une première année intense à l'IUT, j'en avais bien besoin ! C'est ainsi que nous avons décidé de visiter Dubrovnik. Ma mère était déjà allée du côté de Split pour une course de voile, et elle avait adoré ce pays. Moi, je n'y connaissais rien, je savais juste vaguement qu'il y avait eu une guerre là bas, mais vu qu'on en parle jamais à l'école, aucune idée de ce que pouvaient être les tournants et aboutissants de cette guerre qui a pourtant eu lieu à nos portes. Je partais donc à la découverte de ce pays, bien décidée à compter le nombre de mots sans voyelles (oh, et il y en a...).

Nous avons atterrit un soir dans l'aéroport situé à quelques dizaines de minutes de Dubrovnik. Le père de celui qui devait nous louer l'appartemment, un Airbnb, vint nous chercher à l'aéroport. Premier étonnement : il parlait magnifiquement bien anglais. Ma mère et lui on discuté pendant le trajet tandis que moi, j'écoutais d'une oreille distraite en regardant par la fenêtre de la voiture. Et là, le choc : alors nous traversions quelques villages, j'ai vu des maisons effondrées et des impacts de balles dans les murs.

Une fois arrivées et accueillies merveilleusement bien par notre hôte, nous sommes allées acheter à manger, et nous avons discuté. La guerre de Yougoslavie a fait éclater cet ancien pays à cause de guerres de religions et de convictions, séparant notamment la Croatie, pays à majorité catholique, de la Bosnie, pays à majorité musulmane. La guerre s'est finie en 1999.

Il y a moins de 20 ans, les croates, chez qui j'étais, étaient en guerre. J'y ai beaucup songé lors de ce voyage.

Nous sommes allées visiter la vieille ville tout d'abord. Nous avons très vite adopté le régime que nous avions déjà à Venise : une glace par jour !

Nous avons pris un téléphérique vers la montagne derrière Dubrovnik afin d'avoir une vision d'ensemble. On distingue bien la vieille ville dans ses remparts et les contructions modernes, dont les hôtels de luxe. De l'autre côté, on nous dit qu'on peut être en Bosnie en 10 minutes de voiture.

Le constat de la première journée se fait vite : les gens sont chaleureux, l'endroit est magnifique, et surtout, c'est tranquille ! Pour une ville en plein boom touristique, les gens sont détendus, l'atmosphère est paisible même dans les foules, on ne se marche pas dessus, on fait attention aux enfants, rien à voir avec Venise par exemple.

Les îles Elaphites

Le deuxième jour nous sommes allées faire une croisière sympathique vers les trois grandes îles au nord-ouest de Dubrovnik : Kolocep, Lopud et Sipan. Nous étions sur un grand bateau à voiles. Nous avons d'abord débarqué dans la matinée sur Kolocep, une île dont je suis tombée amoureuse. Les guides nous disaient : "Il n'y a rien à voir à Kolocep" et c'est absolument vrai mais c'est pour ça que ça vaut le coup ! Il y a un village, une plage, une chapelle et un bistrot avec plein d'hommes assis qui rigolent bien dans leur langue incompréhensible. L'endroit est calme, simple et magnifique. Nous avons un peu marché le long de la côte avant de s'asseoir dans le bistrot. Une des guides vient s'asseoir avec nous et nous dit que mis à part avec leur tour, personne ne vient ici. Les enfants vont à l'école à Dubrovnik par bateau, de même pour les adultes qui travaillent. C'est un petit coin de paradis tout simple à côté d'une ville ultra touristique, les gens ne se prennent pas la tête, c'est pour ça que je l'ai aimée.

Nous sommes ensuite allées à Lopud, un endroit tout aussi calme mais déjà un peu plus grand, avec plusieurs églises, dont un monastère franciscain. Nous avons trempé nos pieds mais nous ne nous sommes pas vraiment baignées, l'eau est bourrée d'oursins.

Puis après avoir mangé sur le bateau en mer, nous avons posé les pieds sur Sipan, la plus grande île, où nous nous sommes perdues entre le jardin botanique plein de cactus et de palmiers et les jetées rocheuses où j'ai pris le plus gros coup de soleil de ma vie. Nous avons arpenté toute l'île, et personnellement, j'étais bien contente de rentrer pour soigner mes coups de soleil...

Game of Thrones et Lokrum

Je n'allais pas rater le Game of Thrones Tour malgré mes coups de soleil et la chaleur étouffante ! Nous avons bien marché ce jour là aussi pour voir quelques lieux du Tournage de Game of Thrones. J'ai pu voir l'endroit exact où le roi Jeoffrey est mort et nous avons pu refaire la marche de la honte (Shame ! Shame !). Ma grand mère était un peu perdue, mais nous sommes ensuite allées visiter le musée historique et culturel, tout le monde s'y retrouve !

Nous sommes ensuite allées visiter un endroit incroyable : l'île de Lokrum. Nous avons mangé là bas, visité un peu, mais surtout, nous sommes allées à un des endroits les plus incroyables que j'ai pu voir : la mer intérieur de l'île. C'est un lac salé connecté à la mer par des cavités sous la surface, entouré de falaises et auquel on accède par un grand escalier pierreux. Le plus incroyable, c'est que les gens ont le droit de s'y baigner ! J'ai donc pû tremper mes pieds dans cette merveille naturelle. C'était fantastique !

Décors de Game of Thrones

Le tour des remparts

Nous avons fini notre visite avec un grand tour des remparts en fin d'après midi. Ainsi à la fin nous avons pu profiter d'un superbe couché de soleil sur les toits rouges de la vieille ville. Ce tour était un peu étrange, on voyait à la fois la masse touristique d'en haut, mais aussi les refuges des chats sur les toits, les maisons des habitants, la mer et ses bateaux, toute l'intimité d'une ville touristique en somme.

Ce jour là nous avions aussi vu une expositions de photos sur Dubrovnik lors de la guerre 20 ans plus tôt, dont le fameux incendie qui a failli emporter la ville. J'ai eu beau regarder deux fois la vidéo qui tournait en boucle au dernier étage et qui expliquait la guerre, je n'ai pas compris pourquoi l'ONU a mis autant de temps avant de réagir. Cette guerre était là, à nos portes, il y a eu des bombardements, des incendies, des morts, des horreurs, et on a regardé ça, sans agir, alors que c'est arrivé à 1800 km de chez nous.

C'est toujours dans la tête des habitants. Aujourd'hui tout ce qu'il veulent c'est "plus jamais ça". C'est ce que nous a dit le chauffeur de taxi pour notre retour à l'aéroport : "J'ai eu une éducation religieuse, mais je me suis vite rendu compte que ça n'avait pas vraiment d'importance pour moi et c'était pareil pour beaucoup. Alors je n'ai pas compris pourquoi ça a éclaté comme ça au nom des religions. Je n'ai pas compris."